on a vu Starmania, version 2022, en avant-première – .

--

Préparez-vous à oublier tout ce que vous pensiez savoir sur Starmania. La nouvelle version de l’opéra rock de Michel Berger et Luc Plamondon, dont le premier tournage a eu lieu vendredi soir au Palais Nikaïa de Nice, n’est pas une version de la version originale de 1979, ni une répétition des versions suivantes : c’est un nouveau script de programme à part entière.

A l’ouverture du rideau, seul un piano trône sur scène, en hommage direct à Michel Berger : les notes qu’il a écrites il y a plus de 40 ans prennent vie sous la direction musicale de Victor Le Masne et de ses six musiciens. . Dès les premières notes de l’Ouverture du spectacle, après la chanson “Monopolis”, initialement interprétée par France Gall, et ici par Lilia Adad (qui jouera le rôle de Cristal en alternance avec gabrielle lapointe) nous savons qu’une partie de la magie va opérer.

L’équipe de l’émission a été révélée sur les réseaux sociaux dès la fin de cette première.
– Capture d’écran Instagram

Aux manettes de cette nouvelle version, dans l’ombre, burger de raphaëlLe fils de Michel, qui assura la direction artistique du spectacle, et en lumière, joyeux thomasmetteur en scène de talent, auréolé de succès tant au théâtre public qu’à l’opéra, et bientôt directeur des cérémonies des Jeux olympiques de 2024. Autour de lui, le chorégraphe Sidi Larbi Cherkaouile scénographe Emmanuel Favré et le créateur de la maison Vuitton Nicolas Ghesquière. Un casting créatif de cinq étoiles pour accompagner une troupe de jeunes chanteurs, pour la plupart méconnus ou méconnus du grand public, et dont les noms resteront secrets jusqu’à vendredi soir.

Entre l’ombre et la lumière

Dès les premières minutes du spectacle, ce qui saute aux yeux, c’est l’impressionnante décoration conçue pour représenter monopole, la ville où se déroule cette histoire d’amour, de politique, de splendeur et de violence. Habitée d’écrans et de rayons de lumière, cette immense structure ressemble à un ensemble de gratte-ciel traversés par les branches d’une étoile. Aussi fascinant qu’inquiétant, cette décoration crée l’ambiance d’une Starmania qui oscillera en permanence entre ombre et lumière.

Le spectacle oscille entre ombre et lumière.
Le spectacle oscille entre ombre et lumière.
©Radio France
-JB

Thomas Jolly a voulu remettre l’accent sur l’histoire que raconte Starmania : celle de la campagne pour la présidence de l’Ouest contre l’homme d’affaires Zéro Janvier (david latulippe) et Gourou Marabout (Simon Geoffreyen alternance avec Malaïka Lacy), dans une capitale minée par les exactions d’un groupe de terroristes, les Black Stars, dirigé par Johnny Rockfort (joué par Quoi) et Sadia (Manet-Miriam Baghdassarian). Alors que les Etoiles Noires kidnappent la star de la télé Cristal, Zéro Janvier marche sur le bras de l’ancienne sex-symbol Stella Spotlight (Coupe Magali), le tout sous l’œil attentif de la serveuse du Café Subterráneo, Marie-Jeanne (Alex Montambault), et son ami Ziggy (fruit d’adrienne) elle est amoureuse.

Travail de haute couture sur le texte.

Avant cette version 2022, Starmania avait trois versions en France, trois autres au Québec. Et chacun avec une dramaturgie différente. lucas plamondon Oui joyeux thomas ils ont pris leurs ciseaux pour réordonner les tables et les chansons de cette nouvelle version. Le résultat est que pour ceux qui découvrent aujourd’hui le mythique opéra rock, l’ensemble sera fluide, l’histoire facile à suivre. Pour ceux qui connaissaient déjà les versions précédentes de Starmania, il faut accepter d’être poussé dans ses convictionsmais rapidement, tout semble logique : par exemple, dans la bouche de Zéro Janvier, le très journalistique «Il se passe quelque chose à MonopolisMaintenant, cela ressemble à un plan machiavélique pour gagner la présidence en surfant sur la peur de la population.

Zero January est l'homme politique de cette émission, faisant écho à de nombreuses actualités.
Zero January est l’homme politique de cette émission, faisant écho à de nombreuses actualités.
©Radio France
-JB

Ainsi, les créateurs de cette nouvelle version ont pris le meilleur des versions précédentes pour créer un beau travail de haute couture similaire à celui de Nicolas Ghesquière, dont la garde-robe alterne entre les sequins du monde des stars et des costumes sobres, ressemblant parfois à des combinaisons. , du monde souterrain. musicalement aussi, la mise en scène erre entre les influences de la version originale, certaines venant de versions ultérieures, et un nouveau souffle, résolument moderne, teinté de notes électroniques.

Tubes incassables et pièces améliorées

Les plus grands succès (“Le blues de l’homme d’affaires“, “l’un contre l’autre», etc.) sont quasiment intactes par rapport à sa version originale, et ça marche dans le public, qui scande la plupart des standards.

En revanche, sur les titres moins connus et les sketches chantés, Thomas Le Masne et Raphaël Hamburger se sont permis d’imaginer un «accomplissement personnel“suralimenté, plus rock que jamais, un”fils de contamination» (interprété par Adrien Fruit au top dans son rôle de Ziggy) ou un «Ce soir on danse à Naziland« en apothéose. Ou pour faire la chanson »Boutiques érotiques, Cinémas porno», absent du show depuis 1979, un instrumental envoûtant en forme de bad trip pour Stella Spotlight, campé par la chanteuse. Coupe Magali, l’une des révélations de cette première. Et pour les inconditionnels, il semblerait que les créateurs aient voulu cacher des « easter egg » : oui, ce cri qu’ils entendent depuis 40 ans sur l’album de 1979 est exactement au même endroit sur l’émission de 2022.

--

‘Paranoia’ est l’un des titres de retour de la série
©Radio France
-JB

On écoute parfois de nouveaux morceaux de musique de transition, et on s’amuse à redécouvrir d’anciens titres, comme l’excellent « Paranoïa » interprété vendredi par Simon Geoffrey qui rythme ce titre percutant, ou l’hilarante « Conférence de presse Zéro Janvier » -dont la partition a été légèrement revue pour paraître moins bouffonne-. Si le personnage présentateur Roger-Roger, ce n’est rien de plus qu’une sorte d’intelligence artificielle comme Siri (dont la voix est interprétée par Thomas Jolly lui-même), l’arrangement de cordes qui accompagne ces moments de narration sous forme de JT est aussi captivant que fidèle à la version originale.

Lumière et couleurs, des personnages à part entière

D’un chapitre à l’autre, la mise en scène nous entraîne dans des univers aussi différents que reconnaissables : parmi les faibles, on passe du Café Souterrain où Marie-Jeanne (Alex Montambaulttrès émouvant) pianote sa guitare, dans l’antre des Black Stars représenté par sa voiture, une décapotable volée (peut-être la Jaguar rayée en “quand nous venons en ville” ?). Dans les quartiers de luxe, les sommets des gratte-ciel sont tous clairs. Et c’est partout, ça habille magnifiquement la scène. Rarement aura-t-on vu autant de projecteurs sur une même scène, certains sortant même régulièrement du plateau.. La lumière est un personnage à part entière dans cette Starmania, elle accompagne les personnages, leur répond parfois, elle est à la fois un tremplin et une cage pour Zéro Janvier dans “Le blues de l’homme d’affaires” (qui a gagné david latulippe la première standing ovation du spectacle).

La lumière est vraiment l'un des aspects les plus importants de ce spectacle.
La lumière est vraiment l’un des aspects les plus importants de ce spectacle.
©Radio France
-JB

Sans divulguer tout ce qui se passe sur scène, le show regorge de bonnes idées scéniques, des premières minutes du show à la fin apocalyptique du show. La vidéo est utilisée de manière astucieuse, avec des images allant du niveau de gris au rouge, et Naviguer entre l’esthétique futuriste soviétique et l’univers « Metropolis » de Fritz Lang. Et l’humour est aussi présent : on rigole quand Thomas Jolly imagine une très bonne scène de vaudeville ou fait danser les projecteurs sur l’air de “Besoin d’amour”.

La dramaturgie est toujours reine

Là encore, la mise en scène ne pardonne pas au spectateur : s’il faut « priver » la salle d’une chanson parce qu’elle se déroule en coulisses, un personnage dégaine une caméra (neutron) qui suit le « mode d’action »Projet Blair Witch« – une autre référence cinématographique, on en a vu quelques-uns dans l’émission »,Orange mécanique” à la tête. Si nous devons couper une chanson culte avant son dernier mot parce que l’action l’exige, nous n’aurons pas ce dernier mot. Encore une fois, le drame est roi.

Les lumières sont également utilisées pour
Les lumières servent également à “dessiner” certaines décorations.
©Radio France
-JB

Il y a bien sûr quelques réserves, mais elles peuvent se résumer en quelques mots : on peut s’interroger sur la pertinence d’un des derniers actes de l’émission (que nous ne vous divulguerons pas), ou celui d’un pur moment de fan serviceque malgré les prouesses techniques qu’il contient et l’émotion qu’il suscite chez le public, il n’était pas vraiment au centre de l’histoire, et tend à nous en sortir.

La meilleure façon de raconter cette histoire.

Un enjeu est également à prendre en compte : le gigantisme du spectacle Ne nous met-il pas à distance des personnages qui ont toujours été vus, jusqu’à présent, comme des complices du public ?, à savoir Marie-Jeanne et Ziggy ? Il faudra certainement attendre que le spectacle tourne et démarre sérieusement, le 8 novembre à la Seine Musicale, pour avoir une vraie réponse.

Au final, cette nouvelle Starmania n’est pas une nouvelle Starmania : c’est Starmania. Et peut-être même la version la plus aboutie de Starmania. À la fin des années 1970, Michel Berger et Luc Plamondon imaginent une histoire et un univers. Quarante ans plus tard, Toute l’équipe qui a travaillé pendant trois ans sur cette émission a peut-être enfin trouvé la meilleure façon, à la fois la plus esthétique et la plus claire, de nous raconter cette histoire.pour nous faire entrer dans cet univers.

Starmania version avantpremière

 
For Latest Updates Follow us on Google News
 

--

NEXT Carouge se prépare à fêter Titeuf – .